Du diagnostic aux décisions
La phase 3 demande une stratégie d'adaptation en fiches techniques, un volet coût/bénéfices, et un outil de suivi-évaluation reproductible à d'autres territoires.
Le tableau de bord
Le CCTP demande deux fois un tableau de bord : en tranche ferme pour le plan d'adaptation, en tranche optionnelle pour le plan de gestion. Il doit articuler objectifs à long terme, objectifs opérationnels et indicateurs, et rester reproductible ailleurs.
- Objectifs à long terme
- 4quatre axes de suivi
- Objectifs opérationnels
- 6
- Indicateurs
- 15chacun avec sa source
- Déjà renseignés
- 10sur les données moissonnées
Le défaut ordinaire de ces outils est qu'ils sont livrés en fin d'étude et ne sont jamais renseignés ensuite : personne ne sait où trouver la donnée, ni à quelle fréquence, ni qui s'en charge. Chaque indicateur porte donc ici sa source nommée, sa fréquence et son détenteur. Un indicateur dont personne ne sait où trouver la donnée n'est pas un indicateur.
5 indicateurs sur 15 n'ont pas de valeur de référence, et c'est écrit en toutes lettres : la donnée n'existe pas encore et sera produite par la mission — relevé de terrain des secteurs d'érosion, station hydrométrique de suivi à arrêter avec le Parc et EPIDOR. Un tableau de bord dont on ne sait pas ce qui manque est pire qu'un tableau de bord incomplet.
Connaître et suivre la trajectoire climatique du territoire
| Indicateur | Référence | Source | Fréquence | Détenteur |
|---|---|---|---|---|
| Température moyenne annuelle | 8,3 °C | Météo-France, données climatologiques de base, poste du Mont-Dore Bourg | Annuelle | Prestataire, puis chargé de mission climat du Parc |
| Nombre de jours de gel | 96 jours | Idem, seuil TN < 0 °C | Annuelle | Idem |
| Nombre de jours à plus de 25 °C | 26 jours | Idem, seuil TX > 25 °C | Annuelle | Idem |
| Indicateur | Référence | Source | Fréquence | Détenteur |
|---|---|---|---|---|
| Jours sous 30 cm de manteau ou plus, à 1 050 m | 12 jours | Météo-France, hauteur maximale du manteau, poste du Mont-Dore Bourg | Par saison, novembre à avril | Prestataire, puis SAEM du Mont-Dore |
| Jours sous 30 cm de manteau ou plus, à 1 385 m | 67 jours | Idem, poste de Chastreix | Par saison | Idem |
| Écart d'enneigement entre bas et haut du domaine | 55 jours | Différence des deux indicateurs précédents | Par saison | Idem |
Sécuriser la ressource en eau à la saison où elle est disputée
| Indicateur | Référence | Source | Fréquence | Détenteur |
|---|---|---|---|---|
| Évolution projetée du débit d'étiage VCN10 à +2 °C | -14 % | Explore2 TRACC agrégé à la commune, réseau RARE | À chaque publication du jeu, environ triennale | Prestataire, puis EPIDOR |
| Évolution projetée de la durée des étiages à +2 °C | +7 % | Idem | Idem | Idem |
| Débit d'étiage observé sur la Dordogne amont | à instrumenter | Hub'Eau hydrométrie — station à arrêter au démarrage avec le Parc et EPIDOR | Annuelle | EPIDOR |
Réduire l'exposition du territoire aux événements extrêmes
| Indicateur | Référence | Source | Fréquence | Détenteur |
|---|---|---|---|---|
| Événements CatNat localisés par décennie | 2,0 événements | Géorisques, base GASPAR, hors tempêtes nationales de 1982 et 1999 | Annuelle | Parc, service risques |
| Part des événements survenant entre mai et septembre | 7 sur 12 événements localisés | Idem | Annuelle | Idem |
| Indicateur | Référence | Source | Fréquence | Détenteur |
|---|---|---|---|---|
| Surface de secteurs d'érosion relevés au terrain | à instrumenter | Relevé de terrain de la phase 1, tranche optionnelle, avec le responsable de la station | Annuelle après le relevé initial | SAEM du Mont-Dore |
| Part des secteurs relevés ayant fait l'objet d'une action de restauration | à instrumenter | Suivi de chantier, à tenir par la station | Annuelle | Idem |
Faire vivre la démarche au-delà de la durée du marché
| Indicateur | Référence | Source | Fréquence | Détenteur |
|---|---|---|---|---|
| Part des indicateurs renseignés dans l'année | à instrumenter | Le tableau de bord lui-même | Annuelle | Parc, coordination Life |
| Nombre de territoires ayant repris la trame | à instrumenter | Suivi de la dissémination, axe 6 du Life | Annuelle | EPIDOR |
Télécharger le tableau de bord (.xlsx, 7 ko)
Classeur Excel, format demandé au CCTP §5.2 pour les tables livrées. Produit par la chaîne, régénéré à chaque construction.
Fiches d'adaptation
Chaque scénario fait l'objet d'une fiche : usage concerné, constat rattaché à la donnée qui le fonde, action, temporalité, acteurs, coûts et bénéfices. Le CCTP précise que les solutions apportant des plus-values économiques seront privilégiées : le volet coût/bénéfices n'est pas un appendice mais un critère de tri.
Sur les montants. Aucun chiffre en euros n'est avancé ici. Au stade de l'offre, personne n'a rencontré la station, la commune ni les exploitants, et un coût au mètre linéaire repris d'un rapport d'un autre massif n'aurait de la précision que l'apparence. Ce qui est écrit, c'est la décomposition des postes, ce qui les détermine, avec qui ils s'établissent, et les bénéfices qui se quantifient déjà sur les données du territoire. Un chiffrage faux se repère à l'usage ; une méthode de chiffrage se vérifie tout de suite.
Fiche 1 — Redéployer l'activité neige vers l'altitude, et le reste vers les quatre saisons
Usage concerné : Domaine skiable du Mont-Dore
Constat
- Au bourg du Mont-Dore, à 1 050 m, le nombre de jours sous un manteau d'au moins 30 cm passe de 23 par an dans les années 1970 à 9 dans les années 2010, alors que le nombre de jours de sol enneigé, lui, ne bouge pas. La neige tombe encore ; elle ne tient plus en épaisseur.
- L'écart d'enneigement exploitable entre le bas du domaine (1 050 m) et le haut (1 385 m) atteint 55 jours par saison. Le domaine ne se dégrade pas uniformément : il se scinde.
Action proposée
- Concentrer l'investissement neige sur la partie haute du domaine, où l'enneigement reste installé, et cesser d'y consacrer des moyens en partie basse.
- Redéployer la partie basse sur des usages non dépendants de la neige, dont le calendrier suit les temporalités biologiques des espèces plutôt que le calendrier scolaire.
- Établir le calendrier annuel d'activités croisant conditions climatiques et sensibilité des milieux, livrable explicite de la phase 2 de la tranche optionnelle.
Temporalité
+2 °C, soit l'horizon 2050 en trajectoire de référence
Acteurs
SAEM du Mont-Dore, Commune du Mont-Dore, Communauté de communes du Massif du Sancy, Parc des Volcans, EPIDOR
Coûts
- Ce qui coûte
- Requalification des installations de la partie basse, aménagement des usages de substitution, accompagnement des personnels saisonniers.
- Ce qui détermine le montant
- Le linéaire de remontées concerné et la date de fin de vie de chaque installation : une requalification qui coïncide avec un renouvellement prévu coûte l'écart, pas le total.
- Ce qui est économisé
- Production de neige de culture et damage sur les secteurs abandonnés, postes dont le coût unitaire croît à mesure que les conditions se dégradent.
- À établir avec
- La SAEM, sur le plan pluriannuel d'investissement et les coûts d'exploitation réels par secteur.
Bénéfices attendus
- Les 55 jours d'écart mesurés donnent la marge d'exploitation restante en altitude, et donc la fenêtre pendant laquelle la transition peut se faire sans rupture de recette.
- Une saison touristique décorrélée de l'enneigement réduit l'exposition du chiffre d'affaires à la variabilité interannuelle, qui est déjà le premier facteur de risque.
- Les secteurs libérés relèvent de la restauration écologique, éligible aux financements du Life et de l'agence de l'eau.
Fiche 2 — Retenir l'eau en tête de bassin plutôt que la chercher en aval
Usage concerné : Ressource en eau, tourbières et zones humides d'altitude
Constat
- À +2 °C, le débit d'étiage estival de la haute vallée évolue de -14 % et la durée des étiages de +7 %, quand le débit moyen annuel reste quasiment stable.
- La ressource ne se raréfie donc pas en volume : elle disparaît à la saison où elle est simultanément demandée par le milieu, l'agriculture d'estive et la fréquentation touristique.
Action proposée
- Restaurer la fonction de rétention des tourbières et zones humides d'altitude, qui relâchent en été ce qu'elles ont stocké au printemps.
- Cartographier les prélèvements estivaux et leur concomitance avec le minimum d'étiage, ce qu'aucun document actuel ne fait.
- Instrumenter une station hydrométrique de référence sur la Dordogne amont, pour que l'indicateur d'étiage du tableau de bord cesse d'être une projection et devienne une mesure.
Temporalité
Restauration engageable dès la première année ; effet mesurable sur cinq à dix ans
Acteurs
EPIDOR, Parc des Volcans, Agence de l'eau Adour-Garonne, Exploitants agricoles, Communes
Coûts
- Ce qui coûte
- Travaux de restauration hydromorphologique, acquisition ou conventionnement foncier, instrumentation et son entretien.
- Ce qui détermine le montant
- La surface effectivement restaurable et son état de départ : une tourbière drainée récemment se répare, une tourbière minéralisée ne se reconstitue pas.
- Ce qui est économisé
- Les mesures de crise en période d'étiage — restrictions, transport d'eau, arrêts d'activité — dont le coût est supporté chaque été concerné et non une fois.
- À établir avec
- L'agence de l'eau Adour-Garonne, qui dispose des coûts de référence de la restauration de zones humides sur le bassin, et EPIDOR pour le foncier.
Bénéfices attendus
- Le soutien d'étiage est le seul levier qui agisse au moment où la contrainte s'exerce ; augmenter la ressource annuelle n'y changerait rien.
- La restauration de tourbières relève des solutions fondées sur la nature, deuxième objectif affiché du programme Life, et cumule bénéfice hydrologique, bénéfice biodiversité et stockage de carbone.
- L'instrumentation transforme un indicateur projeté en indicateur observé, ce qui rend le plan évaluable.
Fiche 3 — Traiter le ruissellement estival là où il se forme
Usage concerné : Risques naturels, versants et pistes
Constat
- Sur les 10 événements de catastrophe naturelle localisés qu'a connus le périmètre depuis 1982, hors les deux tempêtes nationales de 1982 et 1999, 7 surviennent entre mai et septembre. Presque tous sont des inondations et coulées de boue.
- Ce n'est pas la signature de crues hivernales de plaine, mais celle d'orages convectifs d'été sur des versants pentus : le volume ruisselé se forme sur quelques hectares et quelques dizaines de minutes.
Action proposée
- Traiter le ruissellement à la parcelle et sur les versants, en amont des points d'accumulation : couvert permanent, haies et fascines sur les axes d'écoulement, ralentissement dynamique.
- Reprendre le drainage des pistes du domaine skiable, qui concentre l'écoulement sur des tracés dénudés et l'accélère.
- Relever au terrain les secteurs d'érosion avec le responsable de la station, et les cartographier — la donnée n'existe pas.
Temporalité
Relevé en première année ; travaux échelonnés sur la durée du plan
Acteurs
SAEM du Mont-Dore, Communes, Exploitants agricoles, EPIDOR, Parc des Volcans
Coûts
- Ce qui coûte
- Relevé de terrain, plantations et ouvrages de ralentissement, reprise des drainages de pistes, entretien pluriannuel.
- Ce qui détermine le montant
- Le linéaire d'axes d'écoulement à traiter, connu seulement après le relevé : c'est pourquoi le relevé précède le chiffrage et non l'inverse.
- Ce qui est économisé
- Les remises en état après coulée, documentées par les arrêtés CatNat, et les pertes d'exploitation associées.
- À établir avec
- Les communes concernées, sur le coût réel des remises en état des épisodes de 2012, 2018 et 2021, qui donne la base de comparaison.
Bénéfices attendus
- Le traitement amont est d'un ordre de grandeur moins coûteux que la protection aval, et il agit sur la formation du volume plutôt que sur son passage.
- Les ouvrages de ralentissement dynamique servent aussi la rétention d'étiage : la même action alimente deux objectifs du tableau de bord.
- Le relevé produit la donnée qui manque au tableau de bord et conditionne deux de ses indicateurs.
Le volet pédagogique
Le CCTP le dit sans détour : « le volet pédagogique de cette étude est indissociable du volet technique ». Le fonctionnement hydraulique de la Dordogne et de ses affluents, le rôle de la végétation, des espaces libres et des berges sont des éléments-socles à réexpliquer avant de proposer quoi que ce soit.
C'est la raison d'être de ce démonstrateur : les mêmes données servent le document technique et le support de discussion, sans production séparée.